Le soleil se lève à peine et j'ose croire qu'il en est ainsi de ma vie. J'ai vécu trop de douleurs pour ne pas espérer de jours meilleurs. Je sais bien que l'univers est peuplé de beautés et de laideurs et que chacun doit assumer sa juste part des deux. Mais, côté partage, j'ai acquitté ma dette, j'aspire maintenant aux bénéfices.
Les rafales, les chutes, les remontées vertigineuses, les descentes aux enfers, tout ça est terminé. Je ne veux pas être une girouette, balancée au gré du vent.
Je ressemble plutôt à ma rivière qui coule en une chanson enivrante. Parfois, la vague est haute, on dirait même que ma rivière va sortir de son lit mais, sans crier gare, dans un geste d'abandon, elle redevient tendresse, se berce dans la douceur.
La fille d'Arianne, Michel Lavoie